10 novembre 2011

Pourquoi la science fiction ?

Je suis un auteur de bande dessinée, non pas reconnu (il ne faut rien exagérer), mais sérieux (je n'ose pas dire "confirmé"). Je tiens un blog "normal" sur lequel je poste des dessins, des nouvelles au jour le jour, parfois quelques articles plus écrits.

J'ai récemment écrit sur Blake et Mortimer. J'analysais notamment une page particulièrement bavarde dans laquelle Mortimer s'échappait à des méchants en se balançant à un lustre. J'avais été très surpris de voir à quel point la voix off racontait absolument tout. À quel point Jacobs faisait peu confiance à son dessin. La même scène aurait très bien pu marcher avec juste du dessin, évidemment, mais, par flemme, par envie d'écrire, Jacobs raconte tout par écrit (en plus le texte seul aurait fait un roman de gare moyen, pas plus, ce n'est pas du Victor Hugo).

Entre parenthèse, j'ai toujours eu du mal avec cette façon de faire de la BD. Pour moi, c'est ne pas comprendre le médium, ne pas chercher un tout petit peu à l'exploiter. C'est aussi pour ça que je n'ai jamais réussi à lire Persépolis : pour moi c'est trop bavard, c'est comme un roman avec des dessins en dessous. Je ne suis pas surpris d'ailleurs qu'elle passe au cinéma. (Mais qu'on me comprenne bien : je ne remets pas en cause son talent, je dis juste que ce n'est pas ce que j'aime lire).

Bref, Blake et Mortimer. Je me suis évidemment posé cette question : "mais, par la malepeste, comment m'y serais-je pris pour mettre en scène cette planche ?"

Et je me suis rendu compte que je ne l'avais jamais fait. Que je n'avais jamais fait de scène d'action. je n'ai fait que des BD avec des gens qui parlent.

Ça m'a fait bizarre, je vous assure.

Je me suis dit qu'il fallait que je remédie à ce souci. Qu'il fallait que je me lance. Et pourquoi pas la science-fiction ?

L'avantage de la SF, c'est que tout est permis. Si je veux faire un polar, une BD d'aventure à la Indiana Jones, il y a des codes, des rêgles à respecter (dans la SF aussi, j'y reviendrai plus tard sans doute). Mais pour un dessinateur, la SF c'est le pied : si je veux dessiner un personnage à 3 bras, je peux. Si je veux dessiner des robots, je peux. Si je veux faire des paysages impossibles, des illusions d'optique, je peux. Je peux faire des extraterrestres, des vaisseaux spatiaux, imaginer des voyages impossibles, tout un monde dont je suis maître. Et je vous avoue que ça m'excite.

Maintenant, je n'y connais pas grand-chose, ce qui peut être un avantage comme un inconvénient. j'ai eu cette envie il y a quelques jours, et je n'ai pas encore pu vraiment y réfléchir. Peut-être que dans 6 mois, je vais me rendre compte que ce n'est pas pour moi, peut-être que dans 3 ans sortira le premier tome de ma saga acclamé par la critique (ha ha!).

Je sens que ça ne va pas être facile. Parce que je n'aimerais pas faire une petite BD de SF classique, bourrée de clichés, dont les lecteurs diraient "oui, c'est pas mal, mais ça n'apporte rien de nouveau. J'ai l'impression de l'avoir déjà lu, ce livre."

Rendez-vous dans le futur, on verra ce que ça donne.

Posté par Sorwell à 13:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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